Rencontre avec Marc Dondey

Rencontre avec Marc Dondey

rencontre-avec-marc-dondey-blogDirecteur de projet Entreprises créatives à la direction du développement économique de la CUS.

Comment définiriez-vous votre poste à la Communauté urbaine de strasbourg (Cus) ?

Je suis directeur de projet Entreprises créatives à la direction du développement économique de la CUS, un des quatre secteurs clés de la stratégie de développement économique Strasbourg Eco 2020. Le point de départ de ce nouveau champ d’activité a été dès 2009 à la fois de s’intéresser au développement économique du secteur des industries culturelles et créatives et de comprendre comment elles contribuaient au développement local de l’ensemble de l’économie. Les activités concernées sont celles des arts visuels, du spectacle, des métiers d’art, du cinéma, de l’audiovisuel et des nouveaux média, du design et de l’architecture, des activités fortement insérées dans la vie économique locale puisqu’on comptabilise 3000 entreprises et 10 000 emplois. Ce chantier a été voulu par les élus de la CUS, et tout particulièrement par Catherine Trautmann, en charge du développement économique.

Nous voulions travailler sur le lien qui existe entre créativité et innovation, en ouvrant cette seconde notion vers l’innovation non technologique et l’innovation sociale. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur le BETA (Bureau d’économie théorique et appliquée) de l’Université de Strasbourg et son Ecole d’Automne en Management de la Créativité. L’enjeu de développement économique est aussi un enjeu social et territorial. Il doit se faire dans un environnement urbain porteur, dans lequel les usagers jouent un rôle actif de prescripteurs et de contributeurs. Il faut donc à la fois identifier les lieux et les communautés actives sur le territoire, et mettre en place des dispositifs qui stimulent l’échange, le dialogue et l’innovation. Entre l’Université, le monde de la culture et le monde économique, il y a de ce point de vue une vraie richesse créative à Strasbourg, avec des projets comme Central Vapeur, Ososphère, AVLab et toutes les associations actives dans le champ culturel et social. Nous avons cherché à favoriser les échanges dans cet écosystème, avec des lieux comme La Plage Digitale ou comme le Shadok, qui ouvrira début 2015 sur la Presqu’île Malraux. L’innovation, la création de valeur économique, sociale, territoriale, c’est un mouvement et tout va ensemble. Le projet de création d’un pôle dédié à l’entrepreneuriat créatif et solidaire à la Manufacture des Tabacs à la Krutenau va dans ce sens.

Quand et comment avez-vous rencontré Artenréel ?

J’ai fait la connaissance d’Artenréel en 2007 au moment de la candidature de Stras- bourg au titre de Capitale européenne de la culture, et nous nous sommes retrouvés lors des Assises de la culture de la Ville de Strasbourg. L’action d’Artenréel répond à

un vrai enjeu, celui de la pérennisation de l’emploi des artistes de manière structurée et très originale à travers le modèle coopératif. Ce souci de l’insertion professionnelle durable des artistes est particulièrement vif à Strasbourg, d’autant plus vif que la ville accueille des établissements de formation de très haut niveau, avec la Haute école des Arts du Rhin, l’école du TNS, les écoles d’Architecture …

Comment Artenréel peut trouver sa place dans le volet entreprises culturelles ?

Antigone et Artenréel sont de bons interlocuteurs pour les appels à pro- jets Tango&Scan, cherchant à faire travailler ensemble un créatif et une entreprise qui n’est pas dans le secteur créatif. Mais nous voulions faire plus encore et c’est ce qui nous a amené à déposer une candidature pour l’appel à projets « Soutien à la dynamique des pôles territoriaux de coopération économique » (PTCE) à l’automne dernier. Le cahier des charges de cet appel à projets était séduisant car il posait des passerelles entre l’économie sociale et solidaire et l’économie marchande, et permettait de mettre en tension l’innovation sociale d’un côté et l’innovation technologique de l’autre avec la créativité en position de charnière. Artenréel y répondait en terme d’innovation sociale et SEMIA (incubateur d’entreprises innovantes) en terme d’innovation technologique. La finalité était très concrètement de créer des emplois. Le projet n’a pas été retenu pour l’obtention du label, mais il nous a permis de travailler ensemble et de créer une association de préfiguration ACCRO (Actions pour un développement créatif des organisations), opérateur de développement économique dont le but est d’accompagner les entreprises de tous formats et de tous secteurs d’activités en valorisant les compétences créatives du territoire.

Quelles visions et espoirs pour l’avenir ?

La prochaine étape est de sortir de Strasbourg pour développer des projets européens et sur la scène internationale. C’est un enjeu majeur pour Strasbourg, ville de savoirs, de création et d’innovation, particulièrement au moment où elle va acquérir son nouveau statut d’Eurométropole.

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